VDV #53 : Quand Orange Mécanique vous emmène sur une île…

Le thème des Vendredis Du Vin choisi par Sand de la Pinardothek

Le thème des Vendredis Du Vin choisi par Sand de la Pinardothek

Aujourd’hui c’est ma toute première « Vendredis Du Vin » party!

Les Vendredis du Vin pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le dernier vendredi de chaque mois et c’est l’occasion pour les blogueurs et les amateurs de vin de partager leurs dégustations sur un thème choisi par le blogueur-président du mois. Ce que j’aime dans Les Vendredis du Vin, c’est cette idée que plusieurs personnes d’horizons variés se mettent à parler du vin sur un même thème. Le résultat : toujours de beaux billets et surtout de belles bouteilles à découvrir ou redécouvrir. Jusqu’à présent je me contentais de lire les billets des autres, mais je me suis dit que cette fois-ci j’allais prendre mon courage à deux mains et me lancer pour faire honneur à la présidente.

Car cette fois-ci, c’est Sand, notre Belge préférée, dont j’adore le blog La PinardotheK, qui est présidente et ça n’a pas manqué, le thème qu’elle a choisi est presque aussi barré qu’elle : Orange MécaniK! Sa demande : « Parlez-moi de vins orange ».

Autant vous dire que face à ce thème, ma première réaction a été « euh, finalement je vais peut-être passer mon tour et essayer de me lancer la prochaine fois ».
Parce que bon, du vin orange, ça ne me parle pas trop vu que je n’en ai jamais bu. Le « vin d’orange » à la rigueur car ma grand-mère nous en proposait parfois à l’apéritif. Mais du vin « orange », c’est une autre histoire!
Bien sûr, il y avait toujours la possibilité de jouer le côté orange différemment en partant sur un vin avec une étiquette orange. Faisable, mais un peu trop facile, me suis-je dit. Un vin produit par la Principauté d’Orange? Possible aussi, mais moi j’avais plutôt envie de parler d’une de mes régions de prédilection. La Corse par exemple.

La Corse…Oui, c’était décidé, j’avais envie de parler d’un vin corse!

Mon premier coup de cœur pour un vin corse ayant été pour un Clos Canarelli blanc, je commence par me dire que je vais d’abord regarder du côté d’Yves Canarelli pour voir si par le plus grand des hasards il n’aurait pas un vin orange dans sa collection. Tiens, il existe une Cuvée Amphora vinifiée en partie en amphore mais ça ne convient pas car c’est une cuvée de rouge, donc elle ne sera pas orange. Je cherche encore parmi les noms que je connais mais sans succès, et je finis par me dire que je peux oublier l’idée « corse ».

Dépitée, je m’en vais voir mon caviste habituel et lui expose ma problématique « orange ». Manque de bol, il n’a pas de vin de cette couleur. Cherchant une alternative, il me reparle des vins de la Principauté d’Orange, mais rien n’y fait, ces derniers ne m’inspirent pas pour écrire. Je rentre donc chez moi convaincue que cette première participation sera finalement avortée, faute d’avoir trouvé la bouteille qui me fasse vibrer « façon Orange Mécanique ».

C’était sans compter mon cher et tendre, complètement étranger à mes problèmes de couleurs, qui quand j’arrive à la maison me dit qu’il faut absolument que je goûte le vin qu’il avait ramené de Corse après les fêtes, mais avait « oublié » dans la cave à vins et venait de retrouver. Pas forcément fan des vins sucrés, je rechigne un peu mais accepte finalement le verre qu’il vient de placer fièrement devant moi.

Le fameux verre Et là, illumination, le vin sur lequel je pose mes yeux est orange. Ok, pas orange pétard. Plutôt un joli ambré. Mais pour moi l’ambre c’est orange donc ça compte!

J’y plonge le nez et d’un coup un sourire illumine mon visage. Mon dieu que ça sent bon! Abricot, miel, fruits secs…Une véritable invitation à la découverte! Je le porte délicatement à la bouche et il se révèle d’une incroyable gourmandise. C’est un vin doux, donc sucré, mais contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, il n’est absolument pas écœurant. Au contraire, en bouche, sa complexité s’affirme et il fait preuve d’une belle longueur qui enveloppe vos papilles d’un voile de douceur et vous donne furieusement envie d’y revenir.

Ce vin le voici : il s’agit du Muscatellu di Mursiglia du Domaine de Pietri, millésime 1999. « Muscat de Morsiglia » si on veut le dire en français et non en corse, mais moi je maintiens qu’à l’oreille c’est beaucoup plus joli en corse (bon, d’accord, mon compagnon est Corse, donc je ne suis peut-être pas tout à fait objective, je vous l’accorde).

Muscatellu di Mursiglia - Domaine de Pietri (famille Paoli) - 1999

Muscatellu di Mursiglia – Domaine de Pietri (famille Paoli) – 1999

Morsiglia, c’est un charmant village du Cap Corse dominant le port de pêche de Centuri dont vous trouverez quelques photos à la fin de ce billet.

Le Domaine de Pietri y fut créé en 1768 et se transmet depuis de génération en génération. Il est aujourd’hui exploité par les filles d’Eugène Paoli qui contribuent à perpétuer les traditions en maintenant une méthode de vinification à l’ancienne pour ce muscatellu. Ce dernier est élaboré à partir de muscat petit grain (duquel il tient son nom car « ellu » est le diminutif utilisé en corse pour dire petit) et de malvoisie. Les raisins sont récoltés le plus tardivement possible et passerillés (c’est-à-dire laissés à sécher) sur des « teghje » ou terrasses de lauzes*, ce qui permet d’obtenir des raisins concentrés en sucre naturel et en arômes et de réaliser une vinification sans mutage à l’alcool.

Un domaine que je ne connaissais pas jusqu’à ce fameux verre mais que je vais m’empresser d’aller visiter lors de mon prochain séjour dans la Cap Corse car j’ai vraiment été séduite par ce vin et je serais très curieuse de goûter aussi leur Impassitu et leur Rappu.

Et voilà, nous arrivons à la fin de mon premier billet pour les Vendredis du Vin. J’espère qu’en le lisant vous avez pris autant de plaisir que moi en l’écrivant, et surtout j’espère vous avoir donner envie d’aller à la découverte de ce domaine et de ces vins.
Allez, je vous laisse, il y a un verre de Muscatellu qui me fait de l’œil!

N’hésitez pas à aller sur le site ou la page facebook des Vendredis du Vin pour découvrir les billets des autres participants.

* la lauze étant une pierre plate et résistante, plus épaisse que l’ardoise, utilisée notamment pour les toitures des maisons

Le village de Morsiglia (source Wikipédia)

Le village de Morsiglia (source Wikipédia)

© Very Wine Trip 2012-2013 – Tous droits réservés

Mon histoire d’amour avec le vin

Cette sculpture en liège est une création de KristinRebecca que vous pouvez retrouver sur www.etsy.com

Cette sculpture en liège est une création de KristinRebecca que vous pouvez retrouver sur http://www.etsy.com

Aujourd’hui, le 21 février donc, c’est la Twitt Wine Party.
Une initiative qui nous vient de Bordeaux et qui invite tous les amoureux du vin à s’exprimer sur l’objet de leur passion sur internet et les réseaux sociaux, Twitter en premier lieu, à l’aide du hashtag #TWPBX. N’hésitez pas à aller sur le site de l’événement (http://twittwineparty.wordpress.com) pour en savoir plus.

J’ai décidé de profiter de cet événement pour revenir avec vous sur mon histoire d’amour avec le vin.

Comme je le disais récemment sur ce blog, il y a quelques années de cela, le vin et moi ce n’était pas vraiment ça. On peut même dire que je le fuyais carrément. Je le trouvais souvent lourd, grossier et manquant de nuances (la faute certainement aux cubis qu’on nous servait lors des soirées étudiantes) et des fois il me donnait même franchement mal à la tête (ah le mauvais petit vin blanc que l’on boit sous les tonnelles…). Mais ça, c’était avant!

Car depuis, pour reprendre l’expression de nos chers amis québécois, je suis tombée en amour.

Pas le premier soir hein, je ne suis pas une fille facile! Moi c’est petit à petit que j’ai succombé car « IL » (le vin donc) a su me séduire tout en douceur, en prenant son temps. Sûr de lui et de sa capacité à me faire craquer, monsieur m’a fait une cour assidue et a su me montrer les différentes facettes de sa personnalité pour me convaincre de lui donner la clé de mon cœur.

La première fois que j’ai répondu à son invitation, c’était sous le soleil d’Avignon, et il a voulu jouer les gros bras en apparaissant sous les traits d’un Gigondas. Je vous l’avoue, bien qu’aimant le tempérament des sudistes, j’ai été assez peu sensible à cette première démonstration de force. Du coup, la fois suivante il a décidé de me montrer qu’on pouvait faire rimer force et finesse en revêtant les habits d’un Châteauneuf-du-Pape, et plus précisément ceux d’un Vieux Télégraphe. Là, j’ai commencé à le trouver plus intéressant. Cette première victoire en poche, il a continué à imposer son caractère en m’emmenant successivement à Bordeaux puis en Corse et quelques verres plus tard, je craquais définitivement pour sa force, son tempérament fougueux et son côté solaire. Cependant, je lui reprochais encore parfois son manque d’élégance. C’est là qu’il a eu l’intelligence de me montrer une autre facette de sa personnalité en m’emmenant sur ses terres bourguignonnes. À Beaune, c’est avec un Chambolle Musigny puis un Vosne Romanée Vielles Vignes qu’il m’a fait vaciller et j’ai alors su que notre histoire ne faisait que commencer.

En revanche, si dans ses beaux habits rouges il avait réussi à me conquérir, je restais complètement hermétique quand il apparaissait tout de blanc vêtu. Trop acide, trop sec, trop sucré, trop fruité…Je ne lui épargnais aucune critique. Mais il n’avait pas encore abattu toutes ses cartes…

Premier coup de maître un soir d’été en Corse devant un coucher de soleil. Il avait pris les traits d’un Clos Canarelli blanc. Je me souviens encore de cette rencontre charnelle, de son goût sur mes lèvres…
Pourtant il n’avait toujours pas remporté la partie car de retour sur le continent, sans son bel habit corse, loin de ces paysages à couper le souffle et de cette mer bleu azur qui lui avait si bien réussi, je lui ai de nouveau refusé mes faveurs. C’était sans compter son obstination car monsieur avait encore quelques as dans sa manche. Et une fois de plus, c’est en Bourgogne qu’il décida de jouer le tout pour le tout en se révélant à moi dans un costume sur mesure, un Meursault 1er cru Les Charmes ; costume qui lui permit de faire tomber mes dernières défenses. Mais pour m’avoir toute à lui et finir de me démontrer sa versatilité, il n’en resta pas là. Un soir, il sortit l’artillerie lourde et, grâce à quelques gorgées d’un Château d’Yquem 1998, il finit de me convaincre que notre histoire était faite pour durer.

Depuis, même si les années passent, il parvient encore à me surprendre et à raviver tous les jours la flamme de la passion en se montrant sans cesse sous un nouveau jour. Parfois en me faisant découvrir un nouveau terroir qui lui sied à merveille, d’autres fois en me dévoilant un nouveau cépage qui souligne tel ou tel trait de son caractère. Et pour tout vous dire, j’espère que cela va durer encore longtemps!
Qui sait, peut-être m’emmènera-t-il bientôt dans des contrées lointaines, pour me montrer que nous pouvons aussi nous aimer sur d’autres continents…

Et vous, quelle est votre histoire avec le vin?

P.S : désolée de ne pas pouvoir vous donner plus de détails sur certains des vins évoqués dans ce billet, mais à l’époque, je n’avais pas encore pris l’habitude de prendre des notes ou de prendre en photo les bouteilles dégustées.

Si vous avez aimé la sculpture « LOVE » en bouchons de liège de KristinRebecca, vous pouvez vous la procurer sur sa boutique Etsy à l’adresse suivant : http://www.etsy.com/shop/KristinRebecca

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Me, myself and wine

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Nouvelle année, nouvelles résolutions !

Pour ma part, la bonne résolution de 2013 aura été de mettre enfin en ligne ce blog car l’idée me trottait dans la tête depuis quelques mois mais je n’osais pas me lancer. Et puis, j’ai fini par me dire « et après tout, pourquoi pas ?! » et résultat, me voilà sur la toile.

Alors pourquoi « Very Wine Trip » ?

Non, je vous arrête tout de suite, il ne s’agit pas du remake version pinard d’un célèbre enterrement de vie de garçon à Las Vegas qui finit en grand n’importe quoi.

Vous voulez un indice ? OK. Si je vous dis « passion » ?

Non, ce n’est pas non plus le titre du prochain roman à l’eau de rose (façon 50 nuances de…) ! Je note au passage que vous avez quand même l’esprit sacrément mal tourné, mais bon, je ne vous en tiendrai pas rigueur.

« Very Wine Trip » c’est tout simplement le blog d’une amoureuse du vin…

Pas très original me direz-vous, mais dans mon cas, le coup de foudre fut loin d’être immédiat !

Je suis née et j’ai vécu à Lyon jusqu’à mes 20 ans donc autant vous dire que la bonne chère et moi avons toujours été de grandes copines. Mais avec le vin, les rapports ont été plus conflictuels. Ainsi j’ai longtemps grimacé à la simple évocation d’un verre de rouge ou de blanc et je prenais carrément mes jambes à mon cou quand on voulait me faire boire du rosé. Le seul qui parvenait à trouver grâce à mes yeux était le champagne, mais quelques flûtes à l’occasion des fêtes de fin d’année ou des anniversaires me suffisaient amplement. Vous l’aurez compris, notre histoire avait plutôt mal commencé…

Et puis, un jour la vie m’a conduite dans la cité des papes, Avignon, où j’ai vécu et travaillé pendant 5 ans. C’est là que j’ai rencontré celui qui allait partager ma vie et qui allait également jouer l’entremetteur pour faire naître entre moi et mon ennemi juré l’étincelle de la passion. Monsieur étant lui-même un amateur de vin, il ne lui a pas fallu longtemps pour décréter qu’il se devait d’essayer de me le faire redécouvrir et il a donc entrepris mon « éducation » en me faisant goûter des vins français divers et variés : vallée du Rhône, Bordelais, Bourgogne, Alsace, Corse…Têtue, j’ai d’abord joué l’indifférente, puis je me suis petit à petit laissée tenter et c’est ainsi que j’ai découvert les plaisirs insoupçonnés que certains de ces vins pouvaient me procurer. Il ne m’a pas fallu longtemps pour finir par succomber totalement tout en me demandant comment j’avais pu passer à côté de « Lui » toutes ces années. Qu’à cela ne tienne, nous allions rattraper le temps perdu !

Très vite, j’ai eu envie d’aller plus loin que la simple dégustation, de découvrir ce qu’il y avait derrière la bouteille, de comprendre comment on faisait le vin, d’aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui grâce à leur travail nous permettent de profiter de ces petits ou grands moments de bonheur…Bref c’est devenu une véritable passion et c’est cette passion que j’ai aujourd’hui envie de partager avec vous.

Un zeste d’infos et d’actualités sur le monde du vin, beaucoup de rencontres et de découvertes, le tout saupoudré d’une pincée de folie et d’une bonne dose d’échanges et de bonne humeur, voici la recette que j’aimerais pour ce blog. Recette à laquelle s’ajoute l’envie de vous parler entre autre d’appellations ou de régions viticoles un peu moins connues, en particulier le Sud-Ouest, ma terre d’adoption depuis près de 2 ans, et la Corse, l’île de mon cœur (dans tous les sens du terme puisque Monsieur est corse).

Alors, prêts à m’accompagner pour un Very Wine Trip ?

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