Vinocamp Rhône, dans les coulisses du conclave des passionnés du vin et du web

Le 1er jour du #Vinocamp Rhône en photos

Le 1er jour du #Vinocamp Rhône en photos

Il y a 3 semaines jour pour jour, je me trouvais dans le train qui m’emmenait dans la cité des Papes pour participer à un conclave…
Ici, pas question d’élire un nouveau pape, mais simplement de réunir en un seul et même endroit des passionnés et professionnels du vin et du web d’horizons variés pour leur permettre d’échanger sur les nouveaux moyens de communication autour du vin. Vous l’aurez compris, c’est du Vinocamp qu’il est question et plus précisément de la 11ème édition qui était organisée par notre duo de choc, Anne-Victoire Monrozier (aka Miss Vicky Wine) et Grégoire Japiot, en collaboration avec les équipes d’Inter Rhône (l’interprofession des vins du Rhône).
Cette édition avait donc lieu à Avignon. La ville où j’ai vécu pendant 5 ans mais aussi la ville où tout a commencé puisque c’est dans cette ville qu’est née mon idylle avec le vin. « La ville de mon premier amour » en quelque sorte…Ah nostalgie quand tu nous tiens! Mais revenons à nos moutons et au programme de ce week-end bien chargé.

Vendredi: soirée d’accueil pour les premiers arrivants avec déjà quelques belles découvertes en provenance du nord de la Vallée du Rhône (Crozes-Hermitage, Cornas, Condrieu…).

Samedi : rendez-vous à la Maison des Vins pour le démarrage officiel du Vinocamp. Un bel endroit pour accueillir plus d’une centaine de participants : des petits nouveaux, des vieux de la vieille, beaucoup de vignerons et même un « gourou du marketing » et un hérisson géant! Autant vous dire que c’était LE lieu où il fallait être ce jour-là! Après l’habituelle présentation des participants en 3 hashtags, place aux propositions de thématiques pour les 3 sessions d’une heure qui vont rythmer la journée. Le tableau se remplit rapidement pour aboutir aux 11 thèmes suivants :

Les thèmes

Les thèmes

Les troupes se répartissent alors dans les différents ateliers et les discussions s’enchaînent jusqu’au milieu de l’après-midi, entrecoupées par une pause déjeuner ensoleillée. Pendant les ateliers, ça participe, ça débat, ça rigole, ça tweete (bien pratique pour suivre virtuellement les ateliers auxquels on a dû renoncer), et entre chaque session, les participants se retrouvent pour un résumé rapide, effectué par un volontaire de chaque atelier, des échanges qui viennent d’avoir lieu.

A peine les sessions terminées, on ne perd pas le rythme puisque vient l’heure du Live Tasting. L’occasion de découvrir un nombre incalculable de vins, du Rhône bien sûr, mais aussi de Loire, de Savoie, de Champagne…Bien sûr on a envie de tout goûter et de passer des heures à discuter avec ces vigneron(ne)s souriant(e)s et passionné(e)s qui nous parlent tellement bien de leurs vins. Mais voilà, ce coup-ci, il y avait tellement de vins à déguster qu’il a fallu trouver une astuce pour satisfaire tout le monde : le BottleSwap. Un super concept qui permet d’échanger avec un autre participant la bouteille qu’on a apportée (car amener une bouteille à faire découvrir fait partie des traditions du Vinocamp). L’idée étant ensuite de partager son avis post dégustation avec le hashtag #bottleswap. Bref, avec un excellent moyen de faire des découvertes, de rencontrer de nouvelles personnes et de prolonger ce moment de convivialité.

S’en suit un jeu de piste en équipes dans les rues d’Avignon, un polar entre les mains. Jeu qui nous emmène en début de soirée au Grenier à sel pour une soirée aux accents jazzy. Au programme de nouvelles découvertes, avec notamment les vins du Massif d’Uchaux, une jolie appellation des Côtes du Rhône dont je reparlerai sûrement bientôt car j’ai été séduite par plusieurs des vins dégustés.

Dimanche : la traditionnelle visite nous emmène au pied des dentelles de Montmirail. D’abord à Vacqueyras avec 2 vignerons en biodynamie, puis sur les hauteurs de Gigondas en présence notamment du célèbre géologue Georges Truc, pour finir à Beaumes-de-Venise pour un déjeuner et de nouvelles dégustations autour de ces 3 appellations.
Appellations dont je parlerai dans un prochain billet car le salon Découvertes en Vallée du Rhône, qui avait lieu après le Vinocamp, m’a donné l’occasion d’assister à d’intéressantes Master Classes.

En résumé, un weekend placé sous le signe de la bonne humeur, des belles rencontres et des jolies découvertes!

C’est tout, pour aujourd’hui.
La suite de mon escapade en Vallée du Rhône dans les prochains billets!

Visite à Vacqueyras

Visite à Vacqueyras

Visite sur les hauteurs de Gigondas

Visite à Gigondas

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Le jour où j’ai rencontré (Plan de) Dieu…

La bouteille dédiée de l'appellation Plan de Dieu

La bouteille dédiée de l’appellation Plan de Dieu

C’était début mars. Alors que j’étais en pleins préparatifs de mon séjour à Avignon pour le Vinocamp et le salon Découvertes en Vallée du Rhône, je vis mon facteur arriver avec un joli colis en provenance de la cité des Papes. Un colis qui se trouvait être un avant-goût idéal de mon séjour puisqu’il s’agissait de 2 vins issus d’une appellation appartenant à l’AOC Côtes du Rhône Villages et répondant au nom un peu mystique de « Plan de Dieu ».

Pour la petite histoire, le 11 février avait lieu à Paris une soirée organisée par Louise Massaux en présence d’une vingtaine de vignerons de Plan de Dieu venus faire découvrir leurs crus à quelques fous de vins. Soirée à laquelle je n’avais malheureusement pas pu me rendre n’ayant pas de déplacements prévus dans la capitale à cette date. Qu’à cela ne tienne, quelques jours après la soirée Louise me proposa de m’envoyer quelques unes des bouteilles dégustées. D’où l’arrivée de mon colis ce matin de mars.

« Plan de Dieu », ok, ça en jette pas mal comme nom mais de quoi cause-t-on exactement ?

Plan de Dieu, c’est une appellation qui s’étend sur les communes de Camaret-sur-Aigues, Jonquières, Travaillan et Violès dans le département du Vaucluse. Les vignes y courent sur 1 500 ha à 110 m d’altitude et bénéficient d’un climat méditerranéen ensoleillé, allié à un Mistral asséchant.
L’appellation doit son nom à une légende selon laquelle la traversée de ce coin, carrément craignos à l’époque, méritait que l’on remette son âme à Dieu pour être sûr d’en sortir indemne.
L’AOC Côtes-du-Rhône Villages Plan de Dieu a été créée en 2005 et ne s’applique qu’aux rouges. Rouges composés majoritairement (au moins 50%) de Grenache Noir, complété par de la Syrah et du Mourvèdre à hauteur de 20% minimum.
Au final, cela donne des vins colorés, intenses et concentrés.

Un nom mystique, une légende avec des méchants dedans, des vins couleur de sang…encore un peu et on se croirait dans un nouvel opus de la saga Twilight !

Mais trèves de plaisanterie, passons aux choses sérieuses…

Les vins dégustés

Les vins dégustés

La dégustation

Dans mon fameux colis, se trouvaient 2 bouteilles.

Le soir-même je décide d’ouvrir la première car son nom « Exaltation corsée » m’intrigue.
Ce vin est produit par le Caveau des Vignerons Réunis de Sainte-Cécile-les-Vignes.
La robe est dense, rouge sombre aux reflets grenat. Au nez, le fruit s’affirme puis la garrigue et les épices s’invitent en coulisses. En bouche, j’ai été agréablement surprise par ce vin. Le fruit reste très présent, avec une pointe d’épices et de poivre pour apporter du dynamisme. Les tanins sont assez souples et ronds, malgré la relative jeunesse du vin (on est sur le millésime 2010). En conclusion, vraiment pas mal du tout!

La deuxième bouteille, du Domaine de l’Espigouette, a dû attendre mon retour d’Avignon. C’est au cours d’un repas du dimanche que j’ai décidé de l’ouvrir.
On est en nouvelle fois en présence d’un vin à la robe d’un rouge profond. Au nez, je grimace un peu car l’alcool me semble l’emporter sur les autres arômes. Et cette impression se confirme en bouche. L’alcool est à mon sens encore trop présent, et masque les arômes qui m’ont pourtant l’air intéressants. Les tanins sont relativement souples et la finale est poivrée. En résumé, ce vin présente de l’intérêt mais pâtit de la trop grande fougue de sa jeunesse. À redéguster plus tard donc ou dans un autre millésime pour se faire une meilleure idée.

Voici le lien vers le site des 2 domaines concernés :
Caveau Cécile des Vignes : http://www.ceciledesvignes.fr/
Domaine de l’Espigouette : http://www.espigouette.com

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’appellation dans son ensemble, je vous invite à visiter la page dédiée sur le site des Vins du Rhône ICI ou encore la page Facebook de l’appellation ICI.

N’hésitez pas non plus à aller voir le blog de Louise Massaux pour découvrir l’ensemble des vignerons qui étaient présents à la soirée que j’évoquais au début de ce billet : http://quillesdefilles.com/?p=1279

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Chroniques au cœur du vignoble gaillacois #3 : L’Enclos des Braves

Nicolas Lebrun devant ses vignes - Domaine  de L'Enclos des Braves

Nicolas Lebrun devant ses vignes – Domaine de L’Enclos des Braves

C’est parti pour le 3ème billet sur Gaillac et le 2ème portrait de vigneron!

Ce coup-ci je vous emmène à Vertus, tout près de Rabastens (et donc au sud-ouest de Gaillac), pour découvrir le vigneron qui se cache derrière les vins d’un domaine joliment nommé L’Enclos des Braves. Ce vigneron c’est Nicolas Lebrun.

Ce dernier m’a reçue mi février pour une visite de son domaine. Le temps étant à la pluie ce matin-là, nous n’avons pas pu nous balader dans les vignes. Heureusement, le chai était là pour nous accueillir, même s’il fallait cependant être chaudement vêtu pour s’y aventurer car la température y avoisinait les 8°C.

Nicolas Lebrun est d’origine gersoise. C’est sa passion pour le vin et la vigne qui l’a poussé à faire des études d’oenologie à Bordeaux. Puis c’est en suivant sa femme Chantal qu’il s’est retrouvé dans la région toulousaine, et plus précisément à Gaillac, où il a exercé pendant plusieurs années ses talents d’oenologue et de vinificateur auprès de 5 domaines de l’appellation. En 2005, mû par l’envie de faire des vins qui lui ressemblent, il réalisa son rêve de devenir vigneron en achetant avec sa femme 6 ha de vignes et en construisant un chai.

Qu’est-ce qui lui a plu à Vertus?

Ces parcelles situées sur un coteau, il les a choisies pour leur environnement préservé et surtout pour leur très bonne exposition plein sud.
Côté sols, on est sur les coteaux de la rive droite du Tarn, et donc sur un terroir caractérisé par des sols argilo-calcaires comme je l’évoquais dans mon précédent billet sur le vignoble gaillacois. Sur les parcelles de l’Enclos des Braves, on a affaire à des sols riches en argiles, argiles pouvant aller jusqu’à 3 m de profondeur.
L’association de cette exposition et de ces sols permet une maturation lente des raisins, gage, pour Nicolas Lebrun, de « richesse, finesse et équilibre pour les vins ».

Priorité aux cépages locaux

5 cépages se côtoient sur le domaine, avec une belle part accordée aux cépages autochtones. Sur la partie haute du coteau, on retrouve ainsi du Duras, du Braucol (ou Fer Servadou) et du Gamay (cépages plantés en 1978 et 1992). Et sur la partie basse, du Loin de L’Oeil et du Sauvignon (plantés en 1992). Cépages qui vont bientôt être rejoints par le Prunelart et le Mauzac que Nicolas s’apprête à planter avec du Braucol sur les 2 ha supplémentaires qu’il a rachetés.
Pour revenir au Duras, il reste, aux yeux de Nicolas, un cépage assez peu utilisé car il est très typé mais aussi compliqué à travailler (demande du travail à la vigne, donne de petits rendements, oblige à vraiment ramasser les raisins à maturité). Et pourtant selon lui il donne des grands vins de garde car il conserve beaucoup d’acidité.

Les vignes et le chai

Les vignes et le chai

Un oenologue convaincu par le bio

Dans l’imaginaire de certains, les oenologues sont forcément des techniciens adeptes des produits chimiques. Or là (comme c’était le cas avec Patrice Lescarret du domaine de Causse Marines), on a affaire à un œnologue qui a fait le choix de travailler en bio pour suivre ses convictions personnelles. Le déclic, il l’a eu en 2007 et le vignoble est conduit en agriculture biologique depuis 2009 et en biodynamie depuis 2012. Un choix qui amène Nicolas Lebrun à passer beaucoup de temps dans ses vignes.
Il me disait d’ailleurs qu’il était convaincu que les rapports du vigneron avec ces vignes avaient une incidence sur la qualité du vin. Un discours qu’on retrouvait aussi chez Causse Marines et chez les vignerons en biodynamie présentés dans la Clef des Terroirs.

La vinification quant à elle est, selon ses propres termes, « non interventionniste mais maîtrisée« . Le raisin est vinifié et le vin élevé sans produits œnologiques.
Il n’utilise plus de levures, et les remplace par un levain qu’il réalise avec les premières pressées.
Plusieurs de ses cuvées sont élevées sur lies, en cuve. Les lies apportent du gras et protègent de l’oxydation, ce qui permet de limiter l’usage du soufre.

Et la dégustation dans tout ça?

L’Enclos des Braves produit 3 gammes: Les Gourmands, L’Enclos, Bravissimo.

Les Gourmands sont des vins d’entrée de gamme, frais et fruités.
Les cuvées L’Enclos sont des vins plus ambitieux, qui reflètent la profondeur du terroir et mêlent puissance et finesse.
La cuvée Bravissimo est la cuvée haut de gamme du domaine, celle où le travail est poussé le plus loin. Une cuvée 100% Braucol qui est affectivement la cuvée préférée de Nicolas Lebrun.

J’ai eu l’occasion sur place de goûter toutes les cuvées (certaines n’étant cependant pas encore mises en bouteille).

Les Gourmands – blanc sec – 2012: assemblage 50% Sauvignon, 50% Loin de l’Oeil (les 2 jus fermentent ensemble). Assez frais, un peu épicé, relativement complexe.
L’Enclos – blanc sec – 2011: raisins récoltés à surmaturité, assemblage 75% Sauvignon, 25% Loin de l’Oeil. Robe pâle (couleur absorbée par les lies). Plus gras, minéral, floral. Pas mal du tout.
Les Gourmands – rosé (je n’ai pas retenu le millésime): rosé de saignée, assemblage 60% Duras, 30% Braucol, 10% Gamay. Frais, mais je ne suis pas une grande fan de rosé…
Les Gourmand – rouge – 2010: assemblage 70% Duras, 30% Braucol. Bonne acidité grâce au Duras, notes de fruits rouges, de poivre et d’épices. Très agréable.
L’Enclos – rouge – 2010: assemblage 80% Braucol, 20% Prunelart. Elevage en cuve et en barrique. Un peu fermé au moment de la dégustation. Fruits noirs et épices, assez riche. À carafer.
Bravissimo – rouge – 2009: 100% Braucol. Élevé et vinifié en barrique. Fruits noirs, cassis, notes de chocolat, de grillé. Puissant mais élégant, avec des tanins maîtrisés. Sera à mon avis encore meilleur dans quelques années.
Les Gourmands – blanc doux – 2011: 50% Sauvignon, 50% Loin de l’Oeil. Sauvignon passerillé, Loin de l’Oeil botrytisé. Robe assez claire. Joli nez (poire, fleurs) et belle fraîcheur.
L’Enclos – blanc doux – 2010: 100% Loin de l’Oeil. Fermente 1 an en barrique. Nez riche et complexe de fruits confits, mais bouche un peu trop sucrée à mon goût.
En revanche, j’ai été séduite par la cuvée 2012, goûtée sur barrique, qui présente de belles notes exotiques (mangue notamment) et beaucoup de fraîcheur contrebalançant le sucre.
Ce qui confirme ce que me disait Nicolas Lebrun, à savoir que le millésime 2012 s’annonçe au top pour les doux et les liquoreux.

Les vins dégustés

Les vins dégustés

Pour finir ce billet, je citerais une phrase de Nicolas Lebrun sur sa brochure de présentation car elle résume ce qu’il recherche dans ses vins :

« Cette démarche, basée sur l’observation et l’accompagnement de nos parcelles, permet d’obtenir un vin sain, non pollué, expression fidèle de notre terroir, de notre vigne, du millésime et de ma personnalité de vigneron ».

L’Enclos des Braves
Chantal & Nicolas Lebrun
RD 18 – Vertus
81800 Rabastens
contact@lenclosdesbraves.com
Tél : +33 (0)5 63 40 33 49

Je vous invite aussi à aller sur leur site internet http://www.lenclosdesbraves.com pour suivre l’actualité du domaine.

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Chroniques au cœur du vignoble gaillacois #2 : Causse Marines

Virginie Maignien devant ses vignes - Domaine de Causse Marines

Virginie Maignien devant ses vignes – Domaine de Causse Marines

Suite à mon dernier billet dans lequel je vous présentais le vignoble de Gaillac (billet que vous pouvez relire en cliquant ICI), je vous propose de continuer avec une série de portraits de vignerons gaillacois.

Et pour entamer cette série, je vous emmène à la rencontre de Virginie Maignien du Domaine de Causse Marines, situé sur les hauteurs du village de Vieux, sur le plateau cordais.

Causse Marines, c’est un domaine conduit en biodynamie par un duo de choc, Patrice Lescarret et Virginie Maignien. Patrice étant absent ce jour-là, c’est Virginie, accompagnée de son chien Darius (dont ma doudoune se souvient encore de l’enthousiasme ;-)) qui m’a accueillie sur place en début d’après-midi.

Au programme : un échange très intéressant sur l’appellation et ses problématiques, puis une visite du domaine en compagnie d’un couple de vignerons italiens de passage dans la région.

Un domaine qui fut baptisé lors de son rachat par Patrice en 1993. « Causse » car l’ensemble du vignoble s’étend sur un causse calcaire et « Marines » eut égard au nom du ruisseau délimitant le bas de la propriété. Une propriété qui s’étend aujourd’hui sur 40 ha, dont 12 ha de vignes qui entourent la maison (une ancienne ferme que Virginie et Patrice ont restaurée).

Si on y regarde de plus près, rien ne prédisposait a priori Patrice et Virginie à atterrir à Gaillac puisque le premier est originaire de Bordeaux et la seconde du Jura.
Patrice, diplômé de l’Institut d’Oenologie de Bordeaux, fit ses classes à Sancerre et en Provence avant de se lancer en solo en 1993. Virginie quant à elle est d’abord passée sur les bancs d’une grande école de commerce et a travaillé dans d’autres domaines avant de choisir la voie du vin et d’entreprendre des études viti-vinicoles au CFPPA de Beaune. En 2005, elle est venue faire les vendanges à Causse Marines et n’est jamais repartie.
Alors pourquoi le choix de Gaillac?

Mise à l’honneur des cépages autochtones

Leur intérêt commun pour les vieux cépages autochtones est une des raisons principales.
Les vignes travaillées sur le domaine sont ainsi soit des vieilles vignes « greffées en place » (celles en bas de la maison datent de 1932 et celles près de la route ont 70 ans) soit de nouvelles plantations issues de sélection massale ; et on y trouve pas moins de 13 cépages : Muscadelle, Loin de l’Oeil, Ondenc, Mauzac, Chenin, Sémillon et Petit Manseng pour les blancs ; Braucol, Duras, Prunelard, Syrah, Jurançon et Alicante pour les rouges.

Darius nous accompagne dans la visite du domaine

Darius nous accompagne dans la visite du domaine

Bio, biodynamie et vins natures : une évidence

Le choix de cette propriété un peu à l’écart du village et le rachat par la suite des terrains et forêts l’entourant ont été motivés par leur volonté de se créer un petit îlot isolé leur permettant d’être tranquilles et de travailler comme ils le souhaitaient, c’est-à-dire en accord avec la nature. Comme je l’évoquais plus haut, le domaine de Causse Marines est conduit en biodynamie. Officiellement certifié bio depuis 2008 (même s’il l’était officieusement depuis 1997), il est également certifié Demeter depuis 2009.

C’est Virginie qui s’occupe des préparations nécessaires au travail en biodynamie.
Les sols sont travaillés un rang sur deux, les vignes bichonnées et taillées en guyot sur fil ou en gobelet selon les cépages. A partir de mi septembre pour les vins blancs secs et jusqu’à fin octobre ou fin novembre pour les vins doux, les raisins sont vendangés et triés manuellement (un gîte est loué pour l’occasion pour la ribambelle d’amis fidèles qui viennent leur prêter mains fortes). Un travail d’orfèvre qui se traduit par des rendements, d’environ 25 hectolitres par hectare.
Le soin apporté dans les vignes pour obtenir les meilleurs raisins, est suivi d’un travail de vinification à la cave qui se veut le plus naturel possible. Les raisins sont pressés en inertage sous gaz carbonique afin de limiter l’usage du soufre, et collage et filtration sont réduits au maximum.

Maintenant que vous savez tout ou presque sur le domaine et sur la façon dont les vins sont élaborés, passons à une étape essentielle, la dégustation !

Et côté dégustation, ça donne quoi?

Niveau production, Causse Marines produit environ 50% de vins blancs ou moelleux et 50% de vins rouges.

Le jour J, je n’ai pas eu l’occasion de tout goûter car plusieurs cuvées étaient en rupture de stock ou pas encore mises en bouteille.
Mais nous avons tout de même eu le plaisir de découvrir plusieurs vins, classés en vins de table : Dencon, Rasdu, Zacmau.
Bizarres ces noms me direz-vous, mais il s’agit en fait des noms à l’envers des cépages avec lesquels ils sont élaborés (une façon astucieuse de contourner la règle qui empêche de mentionner le nom des cépages sur les vins de table) : Dencon pour Ondenc, Rasdu pour Duras et Zacmau pour Mauzac.
Pour ma part, j’ai été séduite par le Zacmau qui parvient à allier finesse et peps, et possède une belle longueur. Mais j’ai aussi trouvé le Rasdu très intéressant, avec des tannins présents et une belle acidité, typique du Duras. Un vin que j’apprécierais cependant davantage à table à mon avis.

Pour finir, Virginie nous a réservé une petite surprise en sortant un truc un peu barré, une cuvée baptisée Hystérie. Hystérie en résumé c’est un moût partiellement fermenté, 10 ans d’élevage et seulement 1° d’alcool, le tout dans une bouteille allongée de 10 cl. Le résultat : un nectar ultra concentré, à la texture sirupeuse, mais qui conserve de l’acidité. Très original en bouche !

De retour à Toulouse, je suis allée faire un saut chez mon caviste et j’ai réussi à y dégoter quelques cuvées supplémentaires, en AOC ce coup-ci, que je me suis empressée de goûter.

Les Greilles 2011 (blanc) : un vin qui m’a moins convaincue que le Zacmau. Nez un peu fermé, bouche manquant d’acidité à mon goût. Mais j’aurais peut-être dû l’aérer un peu plus. À retester donc!
Les Peyrouzelles 2011 (rouge) : un vin sur le fruit, tout en légèreté, avec une pointe d’épices. Seul bémol : une finale qui m’a semblée un peu courte.
Grains de Folie 2008 (blanc moelleux) : une jolie robe dorée, de la finesse, de la complexité et surtout un bel équilibre entre la douceur et l’acidité qui évite l’écueil de certains vins moelleux que je trouve parfois trop sucrés.

Les cuvées dégustées

Les cuvées dégustées

Pour finir ce billet, je citerais la phrase de conclusion sur la brochure présentant le domaine que Virginie m’a remise en partant car elle traduit très bien pour moi l’état d’esprit des vins de Causse Marines :

« On peut faire bio « sans avoir le cheveu long et fumer la moquette » ; on peut faire des vins natures qui ne sentent pas le pet de vache ».

Domaine de Causse Marines
Patrice Lescarret & Virginie Maignien
81140 Vieux
Tél : +33 (0)5 63 33 98 30

Je vous invite également à aller sur leur site internet http://www.causse-marines.com pour découvrir les autres cuvées disponibles et suivre l’actualité du domaine.

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