Quand l’amour et le vin se racontent en images (2)

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Après un week-end qui a vu la célébration du film « Amour » de Michael Haneke d’abord aux Césars (5 récompenses dont le César du meilleur film) puis aux Oscars (sacré meilleur film étranger), je vous propose de continuer sur ce thème afin de clore le billet « amour et vin en images » débuté la semaine dernière. Car quand on évoque le lien qui unit un vigneron à ses vignes et à son vin, c’est bien souvent d’amour qu’il est question.

Dans la première partie de ce billet (que vous pouvez lire ICI), j’évoquais Les Ignorants d’Etienne Davodeau, une bande dessinée pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur. Aujourd’hui, c’est d’un DVD dont je vais vous parler.

Il se trouve qu’il y a quelque temps j’ai commandé le DVD de La Clef des Terroirs de Guillaume Bodin car je n’avais pas vu ce film documentaire lors de sa sortie en salles en 2011. Le DVD reçu, je n’ai malheureusement pas eu le temps de le regarder tout de suite et ça n’a pas loupé, après l’avoir rangé, je l’ai comme qui dirait « oublié » dans son placard.
Or voilà que je retombe dessus en rangeant ma BD des Ignorants. Ni une ni deux, je m’empare du DVD et file le regarder, convaincue qu’il tombe à pic pour mieux comprendre le concept de biodynamie abordé rapidement dans Les Ignorants. D’autant plus qu’en relisant le descriptif au dos, je m’aperçois que Richard Leroy fait partie des vignerons interrogés !

Quelques heures plus tard (car le dvd contient le film de 82 min mais aussi plusieurs bonus), je suis à la fois ravie de mon achat et contente de l’avoir regardé juste après Les Ignorants.

Pourquoi j’ai aimé ce film?

D’abord parce que c’est un très beau film, visuellement parlant.

Ensuite, parce que la biodynamie y est expliquée de façon relativement simple. On apprend ce qu’est la bouse de cornes (oui, oui, vous avez bien lu), pourquoi on l’utilise, quelles sont les propriétés des tisanes, etc. On est loin des clichés réducteurs qui la présentent souvent comme un truc pour les illuminés. D’ailleurs ce film rappelle très justement que le vignoble de la Romanée Conti en Bourgogne est conduit en biodynamie. Or Aubert de Villaine n’a, à mes yeux, rien d’un illuminé.

Enfin, si je l’ai aimé, c’est surtout parce que c’est un film qui place l’humain au coeur du message. Pas question de sectarisme dans ce film. Tous les protagonistes ou presque vous disent que le choix de la biodynamie est un choix personnel, une philosophie de vie. Ce qui les anime c’est avant tout l’amour qu’ils portent à leur terroir, à leurs vignes, à leurs raisins ; la volonté qu’ils ont d’accompagner ces derniers, comme on accompagne un enfant tout au long de sa vie. Et cet amour se ressent presque à chaque instant dans ce film. Dans la façon dont les frères Bret touchent leurs vignes, dans la façon dont Thibault Liger Belair prend les raisins à pleines mains dans sa cuve en parlant de « ses bébés », dans la façon dont Richard Leroy écoute ses barriques en se réjouissant de la reprise de la fermentation après le froid de l’hiver…

Après ceci, je ne vais pas vous mentir, je ne me suis pas pour autant transformée en farouche partisane de la biodynamie.
Pourquoi? Tout simplement parce que pour moi, ce qui importe avant tout c’est que le vin soit bon et qu’on prenne du plaisir à le boire. Or la pratique de la biodynamie, aussi louable soit-elle, ne garantit pas à mes yeux que le vin soit bon. Et mes dégustations jusqu’à présent m’ont par ailleurs déjà prouvé que les vignerons pratiquant la biodynamie n’étaient pas les seuls à pouvoir faire du bon vin.
En revanche, ce que j’aime dans la biodynamie telle qu’elle est présentée dans le film de Guillaume Bodin c’est le rapport de ces vignerons à leur terre et cette idée de traiter la vigne et le sol comme des êtres vivants, de les protéger, de les soigner…pour en tirer le meilleur, la quintessence.

Cette première plongée virtuelle dans cet univers de la biodynamie m’a d’ailleurs donné envie d’aller à la rencontre de vignerons ayant fait ce choix pour mieux comprendre leur démarche personnelle et goûter le résultat. Car comme le dit très bien Guillaume Bodin, « le vin c’est une histoire mise en bouteille« .
Je vous parlerai bientôt de ces rencontres sur Very Wine Trip.

En attendant, je vous conseille vivement de regarder La Clef des Terroirs pour vous faire votre propre avis.

Et pour conclure, je reprendrais 2 phrases du film qui me semblent pertinentes pour résumer la biodynamie :

« Ce n’est pas la biodynamie qui fait la qualité d’un vin mais la biodynamie aide le vigneron à se remettre en question et à avoir une meilleure compréhension de la nature et de la terre » – Thierry Germain

« Si les vignerons regardaient avec un regard amoureux leurs vignes, on aurait fait un grand pas dans l’agriculture en terme de respect des terroirs » – Jean-Philippe Bret

La Clef des Terroirs – Un film de Guillaume Bodin
Production Universditvin – Éditions Montparnasse
Pour en savoir plus sur ce film, n’hésitez pas à aller sur le site www.laclefdesterroirs.com

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VDV #53 : Quand Orange Mécanique vous emmène sur une île…

Le thème des Vendredis Du Vin choisi par Sand de la Pinardothek

Le thème des Vendredis Du Vin choisi par Sand de la Pinardothek

Aujourd’hui c’est ma toute première « Vendredis Du Vin » party!

Les Vendredis du Vin pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le dernier vendredi de chaque mois et c’est l’occasion pour les blogueurs et les amateurs de vin de partager leurs dégustations sur un thème choisi par le blogueur-président du mois. Ce que j’aime dans Les Vendredis du Vin, c’est cette idée que plusieurs personnes d’horizons variés se mettent à parler du vin sur un même thème. Le résultat : toujours de beaux billets et surtout de belles bouteilles à découvrir ou redécouvrir. Jusqu’à présent je me contentais de lire les billets des autres, mais je me suis dit que cette fois-ci j’allais prendre mon courage à deux mains et me lancer pour faire honneur à la présidente.

Car cette fois-ci, c’est Sand, notre Belge préférée, dont j’adore le blog La PinardotheK, qui est présidente et ça n’a pas manqué, le thème qu’elle a choisi est presque aussi barré qu’elle : Orange MécaniK! Sa demande : « Parlez-moi de vins orange ».

Autant vous dire que face à ce thème, ma première réaction a été « euh, finalement je vais peut-être passer mon tour et essayer de me lancer la prochaine fois ».
Parce que bon, du vin orange, ça ne me parle pas trop vu que je n’en ai jamais bu. Le « vin d’orange » à la rigueur car ma grand-mère nous en proposait parfois à l’apéritif. Mais du vin « orange », c’est une autre histoire!
Bien sûr, il y avait toujours la possibilité de jouer le côté orange différemment en partant sur un vin avec une étiquette orange. Faisable, mais un peu trop facile, me suis-je dit. Un vin produit par la Principauté d’Orange? Possible aussi, mais moi j’avais plutôt envie de parler d’une de mes régions de prédilection. La Corse par exemple.

La Corse…Oui, c’était décidé, j’avais envie de parler d’un vin corse!

Mon premier coup de cœur pour un vin corse ayant été pour un Clos Canarelli blanc, je commence par me dire que je vais d’abord regarder du côté d’Yves Canarelli pour voir si par le plus grand des hasards il n’aurait pas un vin orange dans sa collection. Tiens, il existe une Cuvée Amphora vinifiée en partie en amphore mais ça ne convient pas car c’est une cuvée de rouge, donc elle ne sera pas orange. Je cherche encore parmi les noms que je connais mais sans succès, et je finis par me dire que je peux oublier l’idée « corse ».

Dépitée, je m’en vais voir mon caviste habituel et lui expose ma problématique « orange ». Manque de bol, il n’a pas de vin de cette couleur. Cherchant une alternative, il me reparle des vins de la Principauté d’Orange, mais rien n’y fait, ces derniers ne m’inspirent pas pour écrire. Je rentre donc chez moi convaincue que cette première participation sera finalement avortée, faute d’avoir trouvé la bouteille qui me fasse vibrer « façon Orange Mécanique ».

C’était sans compter mon cher et tendre, complètement étranger à mes problèmes de couleurs, qui quand j’arrive à la maison me dit qu’il faut absolument que je goûte le vin qu’il avait ramené de Corse après les fêtes, mais avait « oublié » dans la cave à vins et venait de retrouver. Pas forcément fan des vins sucrés, je rechigne un peu mais accepte finalement le verre qu’il vient de placer fièrement devant moi.

Le fameux verre Et là, illumination, le vin sur lequel je pose mes yeux est orange. Ok, pas orange pétard. Plutôt un joli ambré. Mais pour moi l’ambre c’est orange donc ça compte!

J’y plonge le nez et d’un coup un sourire illumine mon visage. Mon dieu que ça sent bon! Abricot, miel, fruits secs…Une véritable invitation à la découverte! Je le porte délicatement à la bouche et il se révèle d’une incroyable gourmandise. C’est un vin doux, donc sucré, mais contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, il n’est absolument pas écœurant. Au contraire, en bouche, sa complexité s’affirme et il fait preuve d’une belle longueur qui enveloppe vos papilles d’un voile de douceur et vous donne furieusement envie d’y revenir.

Ce vin le voici : il s’agit du Muscatellu di Mursiglia du Domaine de Pietri, millésime 1999. « Muscat de Morsiglia » si on veut le dire en français et non en corse, mais moi je maintiens qu’à l’oreille c’est beaucoup plus joli en corse (bon, d’accord, mon compagnon est Corse, donc je ne suis peut-être pas tout à fait objective, je vous l’accorde).

Muscatellu di Mursiglia - Domaine de Pietri (famille Paoli) - 1999

Muscatellu di Mursiglia – Domaine de Pietri (famille Paoli) – 1999

Morsiglia, c’est un charmant village du Cap Corse dominant le port de pêche de Centuri dont vous trouverez quelques photos à la fin de ce billet.

Le Domaine de Pietri y fut créé en 1768 et se transmet depuis de génération en génération. Il est aujourd’hui exploité par les filles d’Eugène Paoli qui contribuent à perpétuer les traditions en maintenant une méthode de vinification à l’ancienne pour ce muscatellu. Ce dernier est élaboré à partir de muscat petit grain (duquel il tient son nom car « ellu » est le diminutif utilisé en corse pour dire petit) et de malvoisie. Les raisins sont récoltés le plus tardivement possible et passerillés (c’est-à-dire laissés à sécher) sur des « teghje » ou terrasses de lauzes*, ce qui permet d’obtenir des raisins concentrés en sucre naturel et en arômes et de réaliser une vinification sans mutage à l’alcool.

Un domaine que je ne connaissais pas jusqu’à ce fameux verre mais que je vais m’empresser d’aller visiter lors de mon prochain séjour dans la Cap Corse car j’ai vraiment été séduite par ce vin et je serais très curieuse de goûter aussi leur Impassitu et leur Rappu.

Et voilà, nous arrivons à la fin de mon premier billet pour les Vendredis du Vin. J’espère qu’en le lisant vous avez pris autant de plaisir que moi en l’écrivant, et surtout j’espère vous avoir donner envie d’aller à la découverte de ce domaine et de ces vins.
Allez, je vous laisse, il y a un verre de Muscatellu qui me fait de l’œil!

N’hésitez pas à aller sur le site ou la page facebook des Vendredis du Vin pour découvrir les billets des autres participants.

* la lauze étant une pierre plate et résistante, plus épaisse que l’ardoise, utilisée notamment pour les toitures des maisons

Le village de Morsiglia (source Wikipédia)

Le village de Morsiglia (source Wikipédia)

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Mon histoire d’amour avec le vin

Cette sculpture en liège est une création de KristinRebecca que vous pouvez retrouver sur www.etsy.com

Cette sculpture en liège est une création de KristinRebecca que vous pouvez retrouver sur http://www.etsy.com

Aujourd’hui, le 21 février donc, c’est la Twitt Wine Party.
Une initiative qui nous vient de Bordeaux et qui invite tous les amoureux du vin à s’exprimer sur l’objet de leur passion sur internet et les réseaux sociaux, Twitter en premier lieu, à l’aide du hashtag #TWPBX. N’hésitez pas à aller sur le site de l’événement (http://twittwineparty.wordpress.com) pour en savoir plus.

J’ai décidé de profiter de cet événement pour revenir avec vous sur mon histoire d’amour avec le vin.

Comme je le disais récemment sur ce blog, il y a quelques années de cela, le vin et moi ce n’était pas vraiment ça. On peut même dire que je le fuyais carrément. Je le trouvais souvent lourd, grossier et manquant de nuances (la faute certainement aux cubis qu’on nous servait lors des soirées étudiantes) et des fois il me donnait même franchement mal à la tête (ah le mauvais petit vin blanc que l’on boit sous les tonnelles…). Mais ça, c’était avant!

Car depuis, pour reprendre l’expression de nos chers amis québécois, je suis tombée en amour.

Pas le premier soir hein, je ne suis pas une fille facile! Moi c’est petit à petit que j’ai succombé car « IL » (le vin donc) a su me séduire tout en douceur, en prenant son temps. Sûr de lui et de sa capacité à me faire craquer, monsieur m’a fait une cour assidue et a su me montrer les différentes facettes de sa personnalité pour me convaincre de lui donner la clé de mon cœur.

La première fois que j’ai répondu à son invitation, c’était sous le soleil d’Avignon, et il a voulu jouer les gros bras en apparaissant sous les traits d’un Gigondas. Je vous l’avoue, bien qu’aimant le tempérament des sudistes, j’ai été assez peu sensible à cette première démonstration de force. Du coup, la fois suivante il a décidé de me montrer qu’on pouvait faire rimer force et finesse en revêtant les habits d’un Châteauneuf-du-Pape, et plus précisément ceux d’un Vieux Télégraphe. Là, j’ai commencé à le trouver plus intéressant. Cette première victoire en poche, il a continué à imposer son caractère en m’emmenant successivement à Bordeaux puis en Corse et quelques verres plus tard, je craquais définitivement pour sa force, son tempérament fougueux et son côté solaire. Cependant, je lui reprochais encore parfois son manque d’élégance. C’est là qu’il a eu l’intelligence de me montrer une autre facette de sa personnalité en m’emmenant sur ses terres bourguignonnes. À Beaune, c’est avec un Chambolle Musigny puis un Vosne Romanée Vielles Vignes qu’il m’a fait vaciller et j’ai alors su que notre histoire ne faisait que commencer.

En revanche, si dans ses beaux habits rouges il avait réussi à me conquérir, je restais complètement hermétique quand il apparaissait tout de blanc vêtu. Trop acide, trop sec, trop sucré, trop fruité…Je ne lui épargnais aucune critique. Mais il n’avait pas encore abattu toutes ses cartes…

Premier coup de maître un soir d’été en Corse devant un coucher de soleil. Il avait pris les traits d’un Clos Canarelli blanc. Je me souviens encore de cette rencontre charnelle, de son goût sur mes lèvres…
Pourtant il n’avait toujours pas remporté la partie car de retour sur le continent, sans son bel habit corse, loin de ces paysages à couper le souffle et de cette mer bleu azur qui lui avait si bien réussi, je lui ai de nouveau refusé mes faveurs. C’était sans compter son obstination car monsieur avait encore quelques as dans sa manche. Et une fois de plus, c’est en Bourgogne qu’il décida de jouer le tout pour le tout en se révélant à moi dans un costume sur mesure, un Meursault 1er cru Les Charmes ; costume qui lui permit de faire tomber mes dernières défenses. Mais pour m’avoir toute à lui et finir de me démontrer sa versatilité, il n’en resta pas là. Un soir, il sortit l’artillerie lourde et, grâce à quelques gorgées d’un Château d’Yquem 1998, il finit de me convaincre que notre histoire était faite pour durer.

Depuis, même si les années passent, il parvient encore à me surprendre et à raviver tous les jours la flamme de la passion en se montrant sans cesse sous un nouveau jour. Parfois en me faisant découvrir un nouveau terroir qui lui sied à merveille, d’autres fois en me dévoilant un nouveau cépage qui souligne tel ou tel trait de son caractère. Et pour tout vous dire, j’espère que cela va durer encore longtemps!
Qui sait, peut-être m’emmènera-t-il bientôt dans des contrées lointaines, pour me montrer que nous pouvons aussi nous aimer sur d’autres continents…

Et vous, quelle est votre histoire avec le vin?

P.S : désolée de ne pas pouvoir vous donner plus de détails sur certains des vins évoqués dans ce billet, mais à l’époque, je n’avais pas encore pris l’habitude de prendre des notes ou de prendre en photo les bouteilles dégustées.

Si vous avez aimé la sculpture « LOVE » en bouchons de liège de KristinRebecca, vous pouvez vous la procurer sur sa boutique Etsy à l’adresse suivant : http://www.etsy.com/shop/KristinRebecca

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Quand l’amour et le vin se racontent en images (1)

Les Ignorants

Quelques jours après la Saint Valentin, j’avais envie de vous parler d’amour…L’amour d’un vigneron (au sens générique, donc homme ou femme) pour ses vignes.

Un amour que j’ai récemment eu l’occasion de ressentir à deux reprises. « Indirectement » devrais-je ajouter car dans les deux cas ce n’était pas dans le cadre d’une rencontre physique avec un vigneron. En effet, la première fois ce fut en parcourant les pages d’une bande dessinée et la seconde en visionnant un DVD. « Ça manque un peu de contact humain » me direz-vous, et pourtant, l’homme est au cœur de ces deux expériences.

Commençons par la bande dessinée.
Depuis plusieurs mois, j’entendais parler de cette bande dessinée d’Etienne Davodeau sur le monde du vin, intitulée « Les Ignorants« . Mais voilà, n’étant pas une grande amatrice de BD en général, j’avoue que cet ouvrage ne m’inspirait guère et du coup, j’évitais copieusement de lire les critiques, convaincue que j’étais que ça ne m’intéresserait pas. Et puis, à force de voir ces « Ignorants » mentionnés à plusieurs reprises dans des discussions, notamment par des personnes que j’ai plaisir à lire, ma curiosité naturelle a fini par l’emporter et je me suis finalement décidée à partir en quête de cet ouvrage, « juste pour voir ».

Moi qui m’attendais à un format de BD classique (que je trouve toujours trop court à lire donc frustrant), j’ai d’abord été agréablement surprise de me retrouver au moment de l’achat face à un gros livre de 272 pages. Une BD avec de la matière, voilà déjà un bon point! Mais de quoi est-il question au juste dans cette BD?

« Les Ignorants » c’est l’histoire de deux passionnés amoureux de leur métier. Etienne Davodeau, d’un côté, auteur de BD, et Richard Leroy, de l’autre, vigneron dans la Loire ; deux noms inconnus pour moi car je ne connaissais ni les oeuvres précédentes d’Etienne Davodeau, ni les vins de Richard Leroy avant d’ouvrir ce livre.
Dans les premières pages, on découvre ainsi qu’un jour, le premier propose au second un pari fou, celui de passer un an en sa compagnie pour découvrir et mieux comprendre le monde du vin, avec la volonté en retour de lui faire découvrir celui de la bande dessinée. « Les Ignorants » c’est donc le récit de cette initiation croisée et j’avoue que cette idée et cette envie de faire l’effort de faire un pas vers l’autre pour comprendre son univers m’a tout de suite séduite. Et les pages suivantes ne m’ont pas déçue, bien au contraire.

Ce que j’ai aimé c’est le talent avec lequel Etienne Davodeau parvient à retranscrire de façon extrêmement réaliste et passionnante cette année riche de découvertes, d’échanges et de rencontres. On rentre aisément dans l’univers des deux protagonistes et on a vraiment l’impression d’être présent à leur côté au fil des pages. Pour ma part, j’ai aimé découvrir l’univers de la bande dessinée que je connaissais peu, mais j’ai bien sûr été encore plus sensible à la description faite de cette année dans la vie d’un vigneron. D’abord parce que j’ai trouvé les différentes phases de la naissance d’un vin expliquées très simplement et sans angélisme. Ensuite parce que grâce au trait si spécifique d’Etienne Davodeau j’ai vraiment eu l’impression de voyager avec eux dans la Loire, mais aussi dans les différentes régions viticoles qu’ils parcourent à la rencontre d’autres vignerons (notamment la Corse si chère à mon cœur). Enfin, parce que j’ai très vite éprouvé beaucoup de tendresse pour ce vigneron barbu aux allures d’ours, que rien ne prédestinait à ce métier. Pourquoi? Justement parce qu’au fil des pages on sent sa passion, ce lien tellement fort qui le rattache à ses vignes. On réalise à quel point ces dernières sont présentes dans son quotidien, même quand il est loin d’elles. Si ce n’est pas de l’amour, je ne sais pas ce que c’est!

Vous l’aurez compris, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre/bande dessinée, qui parle d’amour et de partage, deux choses essentielles pour moi quand on parle de vin, et je ne peux donc que vivement vous conseiller de le découvrir pour vous faire votre propre avis.

Si j’ai adoré parcourir les pages des « Ignorants« , je vous avoue avoir refermé cet ouvrage avec la furieuse envie de goûter les vins de Richard Leroy. Envie non assouvie au moment où je vous écris, faute d’avoir pu les trouver chez mon caviste habituel. Mais ce n’est que partie remise et je vous dirai vite ce que j’en ai pensé, même si j’ai un peu peur d’être déçue car la lecture de ce livre a certainement renforcé mes attentes vis-à-vis de ces vins.

Dans mon prochain billet, je vous parlerai du DVD que j’évoquais dans mon introduction, qui lui aussi parle d’amour.
À suivre donc…

Les Ignorants, récit d’une initiation croisée – Étienne Davodeau – Éditeur Futuropolis – 24.90€
Page facebook dédiée : https://www.facebook.com/pages/Les-Ignorants-Etienne-Davodeau/180671628675300

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